Va donc eh... ensemblier!
Par BRICE D'ANTRAS, dans General -# 7 - Fil RSS
Antoine+Manuel pourraient-être les représentants d'un mode graphique décoratif contemporain. Brocardés comme ensembliers, en référence aux décorateurs du deuxième tiers du XXe siècle, leur travail est certes reconnu mais n'en fait pas moins l'objet d'un aveuglement de la part des tenants du design directif, celui qui montre, en opposition au design aléatoire, celui qui propose. Dans l'expression graphique contemporaine, la gratuité et l'élégance du geste, la séduction raffinée, ont-elles aussi une place légitime à côté de la règle?
Va donc eh… ensemblier !
Ou le plaisir est-il intégrable dans la culture ?
Antoine+Manuel : profession artistes décorateurs.
Mais pourquoi énervent-ils les tenants de la doxa du design ? Parce qu’ils sont décoratifs ! L’anathème est ainsi jeté, aussi définitif qu’un décret d’hérésie au sein d’une curie de professeurs de la foi. Loin de proclamer des ruptures culturelles ou idéologiques et de brandir des manifestes, Antoine+Manuel se jouent, avec un plaisir raffiné, des objets, des formes et des matériaux.
Antoine+Manuel
Christian Lacroix Invitation Haute couture 2007
Antoine+Manuel Comédie de Clermont Ferrand Affiche 2006

Antoine+Manuel Chimeras Illustrations pour la revue allemande Form 2006
Plaisir contre frugalité
Plaisir, c’est bien là le mot qui les condamne aux yeux des intégristes de la raison, comme il a condamné les arts décoratifs dans toute l’Europe, au nom du dogme germano-protestant du fonctionnalisme.
Ferdinand Kramer (1898-1985) Chaise B 403, fabriquée par Thonet Frankenberg 1927
En France, la confrontation du design et des arts décoratifs est aussi, si ce n’est surtout, ancrée dans un vieil antagonisme, souvent complice voire complémentaire, entre l’ascète héroïque et l’hédoniste. Alors que le premier requiert la frugalité pour libérer l’individu, par la raison et l’esprit, du désir matériel, le second privilégie l’intelligence des sens pour accéder à la possession de son monde et de son époque.

Pierre Paul Rubens (1577-1640) et atelier Le Repos de Diane (1616) Musée d'Art et d'Histoire à Genève - Photo Bettina Jacot Descombes.

Philippe de Champaigne (1602-1674)
La Sainte Face (1630) Musée de Port Royal des Champs
Ce rapport conflictuel a opposé, Versailles à Port-Royal, Danton, le jouisseur, à l’ascétique Robespierre,

Victor Baltard (1805-1874) Halles de la Villette - Marché aux boeufs (1867). Construction par Jules de Mérindol et Louis Adolphe Janvier.



Charles Garnier (1825-1898) Opéra de Paris inauguré en 1867 et 1875. Photo Jean-Pierre Delagarde www.jeanpierredelagarde.fr
les Halles de Baltard à l’Opéra de Garnier, Jean-Michel Franck à Jean Prouvé et, dans le domaine
politique, car la politique est aussi une forme d’expression du contemporain, François Mitterand à Lionel Jospin ou Martine Aubry à Nicolas Sarkozy.
Plaisir immédiat de la consommation
Dénigré comme une déperdition et un gaspillage d’énergie, le plaisir, indispensable stimulant de la vie, voit ses ambitions varier selon ses finalités.

Publicité Coca Cola années 1950
Aujourd’hui au cœur du design de consommation de masse, il y est contraint à une obsolescence immédiate, manipulatrice et injurieuse pour le citoyen.
Plaisir pérenne

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Aubrey Vincent Beardsley (1872-1898)++ Le Chat noir. Illustration pour le conte d'Edgar Allan Poe (1894)
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Antoine+Manuel Forêt Version exposition Vinyl initiée par Stéphane Arriubergé, Habitat 2003
Antoine+Manuel ''Yale University Art Gallery Illustration 2007
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Le travail d’Antoine+Manuel ne fonctionne pas sous le registre de la sensation et donc de l’immédiateté. Subtils, incongrus, insolents, irrévérencieux, souvent ailleurs, leurs dessins jouent dans les registres plus pérennes de la poésie et de l’émotion. Ils retrouvent, dans un style contemporain, l'irrévérence et la précision graphique du sulfureux Aubrey Beardsley (1872 -1898)
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Stéphane Bureau Design alimentaire Tool foods Carotte En tiers 2007

Philippe Starck Gun_Beside Gun 2005 Edité par Flos
Contrairement au design industriel de masse, les arts décoratifs ne répondent pas à un besoin de satisfaction immédiate mais offrent un plaisir durable, plus fait de gourmandise savante, à l'image des compositions de design alimentaire de Stéphane Bureau, que de gloutonnerie consommatrice que pourrait synthétiser la violence racoleuse et immédiate de la lampe Gun_Bedside, dessinée par Philippe Starck, pour Flos.
Le temps facteur d’identité

Antoine+Manuel Wallstickers Possession black 2006 http://www.domestic.fr
Donnant ainsi du temps à lur graphisme et à leurs objets par le rayonnement de leur aura (dans le sens où Walter Benjamin utilisait ce terme), Antoine et Manuel dépassent la trivialité de l’objet et créent des ambiances décoratives.



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Studio Dumbar++ Identité visuelle de la police néerlandaise (1993)
On pourra objecter que les identités de marques inventent aussi des ambiances pour les entreprises ou les institutions comme ici la police néerlandaise.

Elizabeth Garouste et Mattia Bonetti Cendrier Tortue David Gill (Londres)
Mais, alors que la fonction du corporate identity est d'enfermer l'usager-consommateur dans un système, le propos des arts décoratifs, à moins que ce ne soit que son ambition, est d’ouvrir l’utilisateur à la sensibilité et à la savante jouissance d’un art de vivre ; le faire accéder à la sagesse de l'appropriation de l'inutile.
Un artisanat sélectif sans autoritarisme

Antoine+Manuel Comédie de Clermont Ferrand Saison 2007-2008
Artisans eux-mêmes par leur processus de production (importance de leur savoir-faire technique), Antoine+Manuel ne travaillent bien que pour des artisans de la culture, de la mode ou de l’édition, tous libérés, à différents degrés, des contraintes de la communication industrielle de marque.

Antoine+Manuel ''Etude de logotypes pour le créateur de souliers Roger Vivier (2006) projet non réalisé.
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Antoine+Manuel ''Logotype de la Manufacture nationale de Sévres 2005
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Quand ils s’essayent à des identités visuelles d’entreprise comme à celle de la Manufacture nationale de porcelaines de Sèvres ou du bottier Roger Vivier, ils peuvent jouer avec le raffinement et même l’insolence amusée du trait sans avoir à imposer la dimension autoritaire de la marque. Ancrés dans le luxe, pas obligatoirement dans celui de l’argent mais plutôt celui de la culture et de l’art de vivre, ils sont indissociables des secteurs de la création auxquels ils font accéder par l’attrait de leurs compositions.
Séduction

Antoine+Manuel ''Collection Lambert en Avignon Rendez-vous No 4 Affiche 2003
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Certes savante, même si elle n’affiche pas son érudition, leur création fonctionne néanmoins avec les outils de la séduction. Dans les eaux souvent mêlées de la raison et de l’émotion sensuelle, elle opte résolument pour cette dernière, c’est à dire pour le secteur de la connaissance sensible ou intuitive.

Antoine+Manuel La Dégelée Rabelais Affiche FRAC Languedoc Roussillon 2008
Jamais didactique, à des années lumière de toute idée de manifeste, Antoine+Manuel ne cherchent pas à démontrer, ils souhaitent convaincre, à moins que ce ne soit que susciter l'adhésion, par l’émotion du ressenti, la surprise et pourquoi pas l'étonnement.
Les périls de la séduction
Cette dimension subjective des arts décoratifs inquiète car, pour le meilleur et le pire, l’émotion est difficilement contrôlable et facilement orientable.
L'Ecole d'Ulm qui, au lendemain de la Seconde guerre mondiale a structuré le design fonctionnaliste allemand, s'en défiait terriblement. Elle l'accusait, à juste titre, d'avoir été un outil de propagation du nazisme, comme le montre cet extrait du film de Leni Riefenstal, Fest des Schönheit, de 1936.


Exposition universelle New York 1939 photos de Carl van Vechten (1880-1964)
Cette esthétique, loin d'être uniquement fasciste, a encore été mise en pratique dans des stratégies de séduction de masses quelque peu totalitaires. Utilisée dix ans plus tôt par le cinéaste russe, Sergei Eisenstein, dans le film Octobre (1927), mais avec beaucoup plus de talent que chez Leni Riefenstal, on la retrouve avec une étonnante similitude de moyens, dans les fêtes d'inauguration des Expositions universelles de New York, en 1939, et de Shanghai, en 2010,
Les périls de la raison


Claude Nicolas Ledoux (1736 1806) Saline royale d'Arc et Senans (inaugurée en 1779)
Mais ne peut-on pas dire que les artistes, architectes et designers de la raison ne connaissent pas des dérives similaires? Les architectes des Lumières, Jean-Jacques Lequeu (1757 1826), Etienne Louis Boullée (1728 1799) et Claude Nicolas Ledoux (1736 1806), en dessinant un ordre nouveau, ont annoncé la Terreur.

Alexandre RodtschenkoTravail au son de l'orchestre. 1933 Cette photo officielle qui montre des prisonniers politiques au travail forcé lors du percement du canal de la Mer blanche témoigne de l'asservissement imposé à Rodtchenko, contraint par la dictature à collaborer à la propagande stalinienne.
A leur tour, les Avant-gardes russes, de Rodtchenko à El Lissitzky, ont été happés par la dictature stalinienne, au mieux contraints à la soumission, au pire exécutés comme le metteur en scène Vsevolod Meyerhold (1874-1940). En revendiquant, chacun à leur manière, l’instauration de l’utopie, ils sous-entendaient la nécessité coercitive de la mise en ordre de la société par le pouvoir politique, aussi contraignante à réaliser que l’application d’une grille graphique sur un mur de graffitis (Voir le générique de fin, réalisé par Saul Bass, pour le film West Side Story -1961-). S’ils furent tous éliminés, physiquement, professionnellement ou idéologiquement par les pouvoirs qu’ils ont contribué à mettre en place, c’est parce que le rappel de l’utopie est incompatible avec la gestion du pouvoir, quand l’ivresse de la prise du Palais d’Hiver s’est transformée en gueule de bois. Raison et émotion ne sont finalement que deux paramètres de la création qui ne développent, de manière souvent imprévisible, que les intentions que le contexte veut bien leur attribuer.
Le baroque, un art de doper la forme

Antoine+Manuel Exposition Graphic Village Hong Kong, Heritage Museum, 2009-2010.
Un autre aspect du travail d’Antoine+Manuel, tout aussi incontrôlable que la séduction par le plaisir, réside dans sa dimension baroque.

Antoine+Manuel I have a dream (2007) Présenté à l'exposition Helvetica 50 au Design Museum à Londres

Antoine+Manuel CCNT (Centre chorégraphique national de Tours) 2001
Rompant avec l’implacable clarté euclidienne de la fonctionnalité (form follows function), ils s’approprient un irrationnel plaisant. Ils détournent l’œil de l’utilisateur, et par là son esprit, d’une finalité déterminée en jouant avec l’irrégularité des formes et des compositions souvent aléatoires et des juxtapositions d’autant plus souriantes qu’incongrues. Leurs messages sont irréguliers, comme l’est la complexité du vivant.

Panneau de signalisation peint sur une porte, dans la médina d'Essaouira (Maroc)
Contrairement à un panneau de signalisation, leurs affiches, invitations ou programmes ne fonctionnent pas par une évidente lisibilité de la construction mais par la synthèse de la rigueur et de la sophistication de leurs mises en mouvements que, dans l’histoire des arts décoratifs, on nomme style. Ce dernier n’est-il pas l’art d’habiller le vivant?
L’irrégularité mise en scène
Antoine+Manuel Mars (de le série Gods) European Championship of graphic Design - Graphic Design Museum Breda, Pays Bas (2008)

Antoine et Manuel
Table basse La France (2007)
Leur graphisme est irrégulier, dans le sens où il n’affirme pas de règle. Il occupe l’espace avec la liberté, néanmoins parfaitement maîtrisée, d’un mouvement aléatoire. Ce désordre apparent, souligné par une profusion de matières, de formes, de couleurs et de signes séduit, du moins ceux qu'il ne rebute pas, par sa truculence organique, à la fois complexe et sensuelle. L’élégance, qui est l’art du choix (elegare signifie en latin savoir choisir) et certainement pas le frigide "bon ton", leur sert de fil rouge pour mettre en scène l’incontrôlable. Et c’est bien le maniement de cette élégance qui les distingue de l’expression graphique du chaos qui met en avant sa violence, qu’elle soit génératrice ou destructrice.

Jean Tinguely Vue du musée Jean Tinguely à Zurich
Ce refus d’exprimer le chaos, contribue à les exclure de la catégorie des visionnaires de la rupture ou du cataclysme qu’il soit final ou générateur d’un monde nouveau.

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David Carson devant un travail de lettrage réalisé pour le nouveau siège social de Quiksilver en France (2010)
Ils se distinguent ainsi des expériences typographiques des années 1990 qui, par l’irrationalité et la dérégulation de leur propos graphique, voulaient, à l’aube de la révolution numérique, faire vaciller la culture de l’imprimerie traditionnelle.

Antoine+Manuel Uzès danse Affiche 2007
Loin de se contonner dans une typographie classique, ironiquement décalée comme dans la page de titres pour le bottier Roger Vivier, ils s'amusent aussi à manier la précision de leur dessin pour inventer une typographie illustrative et néanmoins extrêmement sophistiquée qui est devenue l'identité visuelle du Festival de danse d'Uzès. Le baroque façonne les arêtes vives de la construction pour que, par ses galbes et ses jeux d'ombres et de lumières, il stimule la réaction de l'individu, là où la forme classique tient un discours collectif si ce n'est universaliste, une approche plus globalisante du groupe social.
L’option politique du baroque
On peut constater qu’au cours des siècles, les formes baroques ont accompagné les périodes de consolidation des systèmes, religieux ou politiques et même économiques, celles qui privilégiaient l’individu par rapport à la construction de la structure socio-politique ou commerciale. Au XVIe siècle, le Concile de Trente a consacré le style baroque pour préserver l’Eglise catholique contre la dissidence protestante ;

André Charles Boulle (1642-1732) Table en marqueterie d'écaille cuivre et étain, caractéristique du style Louis XIV par ses formes géométriques et ses galbes refermés.

Jean François Oeben (1721 1763) Bureau à cylindre Musée Nissim de Camondo Paris, exemple remarquable du style Louis XV où la construction de la forme géométrique laisse le pas au mouvement et à l'élégance du galbe.
une fois que Louis XIV a assuré les nouvelles bases du système de monarchie absolue, la Régence, puis l’époque Louis XV (encore qu’il serait plus juste de parler des styles éponymes) ont exprimé la consolidation de ce système avec l’infléchissement des lignes et l’assouplissement de l’arc de cercle en galbe.

Henri Ford (1863-1947) devant la Ford modèle T
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Ferdinand Porsche (1875-1951) Volkswagen, modèle cabriolet 1938
On retrouve ce processus dans l’évolution des carrosseries automobiles quand, dans les années 1920, elles sont passées des formes purement élémentaires, identifiées par la Ford T, aux objets de désir de masse, carrossés par l’aérodynamisme du Streamline, initié par la Chrysler Airflow de General Motor et repris par l'ensemble de l'industrie automobile. Aujourd’hui, la forme baroque, qu’elle soit savante ou populaire, procède (avec des finalités cependant divergentes) d’un même processus de sensibilisation de l’individu au dépens d’une vision collective. La transformation culturelle de la Chine se fait par la jouissance de l'individu consommateur au détriment de la rigueur de l'ordre et de la construction sociale.
« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. »
(Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans Le Guépard)
Antoine+Manuel seraient-ils donc des conservateurs ? L’interrogation sonne déjà comme une condamnation, une réponse ne serait qu’une plaidoirie. Ils posent, en fait, les bornes d’une réalité mouvante de leur époque qui, en transgressant d’autres styles, antérieurs ou même contemporains, appellent à d’autres transgressions, ultérieures et concomitantes. Conséquence de la multiplication des sens inhérente à la post-modernité, l’évolution des styles, en effet, ne se lit plus uniquement dans la chaîne du temps mais aussi dans son explosion dans l’instant. Antoine+Manuel constituent ainsi une particule agissante de notre culture.
Pour passer de l’invective insultante et fermée du titre de ce texte à une invective plus interrogative et ouverte, on pourrait aussi demander à Antoine+Manuel : « t’es qui toi ?». Ils sont sans doute deux graphistes qui ne veulent ni refaire ni dénoncer le monde, ils ne veulent pas l’inonder de produits, il veulent seulement témoigner de la culture de leur époque en proposant un peu de plaisir rare. Et c’est certainement là une réponse, certes non exclusive, à l’interrogation, sans cesse reprise, sur le sens de l’époque dans laquelle nous vivons.
Brice d’Antras

Commentaires
#1 - Le lundi 9 août 2010 à 16:58, par greystepdesign
#2 - Le lundi 9 août 2010 à 20:35, par F
#3 - Le samedi 14 août 2010 à 21:08, par Alban
#4 - Le lundi 16 août 2010 à 11:26, par giz
#5 - Le lundi 16 août 2010 à 19:22, par BRICE D'ANTRAS
#6 - Le lundi 23 août 2010 à 07:51, par Emmanuel
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